Témoignage de
Paul Weklinski
Je suis americain, et j'étais bassiste avec Jean Mi entre 1974 et 1976. Aujourd'hui, j'habite au Colorado aux Etats-Unis avec ma femme et trois enfants, je suis Vice Président d'une compagnie Américaine, mais je garde l'âme d'un musicien et la sensibilité d'un artiste. Pour toute ma vie, je considérerai Jean Michel comme un très, très bon ami. Il m'a touché profondément, et j'étais écrasé par sa mort. J'étais venu en France en 1973 avec l'intention de faire une Maîtrise en littérature, mais il fallait d'abord que j'apprenne le Français (arrivé à Paris, je ne parlais pas un seul mot de votre langue). Pendant l'année 1973, j'ai
rencontré un guitariste Parisien, Yves Hayat. Yves venait de rencontrer Jean Mi qui, à
ce moment-là, baignait dans le succès de "Ma Petite Fille de Rêve", il était
en train de monter un groupe pour tourner. Il ne voulait pas engager des
"requins" (musiciens de studio) comme faisait tous les jeunes vedettes à
l'époque, plutôt, il voulait monter un groupe à lui, avec son propre son et
caractère. Nous avons commencé des
répétitions au sérieux, et sommes partis en tournée un mois plus tard en première
partie de Serge Lama. A la fin de cette tournée, Jean Michel m'a téléphoné pour dire
qu'il n'était pas content du groupe, et qu'il voulait le refaire. Pendant les deux années qui suivirent, on a fait d'innombrables tournées, émissions et enregistrements ensemble. Début 1976, j'ai monté un groupe
"minettes" qui a enregistré une chanson en espérant de se faire du fric avec
un "tube". Le groupe s'appelait "Candi". C'était une musique un peu
"funky" et assez bidon, mais j'avais envie d'essayer quelque chose de
différent. J'ai quitté le groupe Caradec pour promouvoir ce disque. Cela n'as pas fait
un grand succès, et pour des raisons personnelles, j'ai pris la décision de rentrer aux
Etats-Unis. Je suis resté en contact avec Jean Michel jusqu'a sa mort. Nous étions très proche. Je l'aimait comme homme. Je vous parle maintenant de Jean Michel l'homme. C'était l'un des plus gentil, doux et généreux hommes que je n'ai jamais eu l'honneur de connaître. S'il avait du succès, c'est parce que sa musique était son âme. Il était ce que sa musique exprimait. Il voulait mordre la vie à tout instant, et il aimait et respectait beaucoup ses amis. Il aimait la musique. Il aimait la poésie. Il aimait la Bretagne, son histoire et ses fruits de mer avec le vin blanc. Il aimait ses amis, être en
tournée, rigoler, découvrir. Il aimait surtout sa famille : sa femme, et ses gosses. Il
était profondément un mec de famille. Tandis que le plupart des musiciens draguaient en
tournée, il n'était pas comme ça. Il aimait les femmes bien sûr, mais il les
poursuivait pas. (C'est plutôt elles qui l'ont poursuivi). J'espère d'avoir contribué une petite pièce du puzzle qui est la vie et la légende de Jean Michel Caradec. Paul Weklinski 7 novembre 2001 |