29 juillet 1981, quelque
part sur la route des vacances, la radio diffuse ses programmes.
Quelle radio, je sais plus. Quel programme, idem. Puis les
nouvelles. On annonce le décès de Jean-Michel Caradec. Je ne connais
pas. On mentionne une CX. Mon attirance naturelle pour les voitures
fait que c’est peut-être ce détail, finalement un peu sordide, qui
fera que le nom de ce chanteur breton se gravera dans ma mémoire.
Puis surtout la chanson diffusée en hommage : « Ma Bretagne Quand
Elle Pleut ». C’est très beau. Puis le temps passe. Je découvre un
peu l’univers de Caradec comme une version poétique de celui d’Hara-Kiri.
« C’est du Gotlib, du Reiser » chante-t-il. Et ça me plait.
Le temps passe (quoi, je
l’ai déjà dit ?), les années 90 essayent sans succès de faire
oublier la décennie précédente, je commence modestement à prévoir
d’enregistrer ma version de « Qu’est-ce qui va rester ? », au milieu
d’une collection de chansons. Le projet tombe dans les eaux troubles
et l’enregistrement reste inachevé. Qu’importe, ça viendra. Un jour.
Le temps passe (l’ai-je
déjà dit ?), internet fait son apparition, et avec lui la foison
d’informations que tout un chacun peut se procurer rapidement,
gratuitement et de manière illimitée. Tout naturellement, une
recherche sur Jean-Michel Caradec m’amène à découvrir l’excellent
site de Jean-Pascal, et ma promesse de chanter « Qu’est-ce qui va
rester ? » refait surface.
Promesse commence comme
procrastination, et il me faudra ce ‘premier coup de pied aux
fesses’ de la commémoration de la disparition de Jean-Michel Caradec
pour que je me décide à m’y mettre. Pour de bon.
De quelques sessions
nocturnes, combinées avec d’autres accueillant la rosée matinale,
nait ce petit 45 tours que l’on dira virtuel. L’heure est au fichier
mp3, après tout. Le temps passe, mais je l’ai déjà dit je crois.
Assez parlé, assez écrit,
je vous laisse découvrir Caradec à travers les yeux du Vieux Chat
(c’est moi). Et tout à l’envers volent-ils, les oiseaux fascinent
toujours tout félin qui se respecte.